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jeudi 21 mai 2020


  135 … A vol d’oiseau  

 Des médias aux  forces de l’ordre, un seul mot « 135  euros » : c’est l’amende infligée  à toute personne qui enfreint la limitation de déplacement dans un rayon  100 km autour de son domicile (sauf exceptions) .
Donc, comment visualiser  une distance de 100 km à vol d’oiseau ?
1ère solution : prendre  une carte à petite échelle (exemple : 1/1000000), relever l’échelle, calculer en cm la représentation sur la carte de la distance de 100 km, au cas particulier cela fait 10 cm …
Avec un compas dont les branches sont écartées de 10 cm, fixer une pointe sur le domicile et tracer un cercle avec l’autre branche.
2éme solution : allez sur le site 100km.space, taper l’adresse de votre domicile et le rayon de 100 km s’affiche automatiquement …
Bon week-end !

jeudi 30 avril 2020


1er Mai 2020
Cette année, covid-19 oblige, il n’y aura pas de cortèges pour animer la fête du travail. Mais, nous pouvons innover : manifester sur les réseaux sociaux avec des pancartes virtuelles pour des revendications,qui par contre, sont bien réelles. Solidaire de ceux qui font réellement tourner l’économie et font face au virus, ma pancarte emprunte un dessin de « Coco », dessinatrice à Charlie Hebdo.



lundi 6 avril 2020

Sérénité …

 C’est peu dire que l’information scientifique fait défaut en cette période de pandémie. L’emballement médiatique sur tel ou tel aspect de la covid-19 n’aide en rien le citoyen. Alors, ce temps de confinement peut être mis à profit pour contrecarrer ce biais. Aller voir par soi-même des sites à résonance scientifique reconnue  et s’interroger de manière critique sont sans doute les meilleurs moyens pour traverser cette phase avec un peu de sérénité. Quelques repères :

France-Culture propose chaque jour un point scientifique sur l’avancée des connaissances. Site : https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus

Le Collège de France a mis en ligne le 16 mars 2020 la conférence du Professeur Philippe  Sansonetti intitulé « Covid-19 ou la chronique d’une émergence annoncée ». Site : https://www.college-de-france.fr/site/college/index.htm
Vidéo :


L’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales a élaboré une » liste de textes pour aller plus loin ». Site : https://www.ehess.fr/fr/carnet/covid-19-bibliographie

En matière scientifique aussi, l’humour n’est pas interdit. La parodie d’une célèbre encyclopédie en ligne qui traite du « macronavirus » est drôle et bien sympathique ! Site : http://macronavirus.ouvaton.org/

lundi 30 mars 2020


Vous avez du courrier …
France-Inter a la bonne idée de demander, quotidiennement, à un auteur d’écrire une lettre adressée à qui il souhaite et portant sur le sujet de son choix. Les lettres sont lues  par Augustin Trapenard et diffusées vers 8h55 par la radio. Ces lettres peuvent être aussi lues sur le lien suivant : https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur-par-augustin-trapenard
Parmi celles déjà publiées, j’ai retenue celle d’Annie Ernaux :

Cergy, le 30 mars 2020

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et  ce qu’on pouvait lire sur la  banderole  d’une manif  en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux,  tout ce jargon technocratique dépourvu de  chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de  livrer des pizzas, de garantir  cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle.  
Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas  là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent  déjà  sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde  dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde  où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie,  nous n’avons qu’elle, et  « rien ne vaut la vie » -  chanson, encore, d’Alain  Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui  permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

vendredi 20 mars 2020

LE MONDE À L'HEURE DU cORONAVIRUS


Mais … aussi en s’abonnant à la newsletter d’harmonia mundi , ce site propose chaque jour un moment musical en accès libre …

jeudi 5 mars 2020


« La réforme des retraites ouvre une ère d’une cinquantaine d’années d’incertitude et de complexité »



L’économiste Michaël Zemmour et un expert de la Sécurité sociale observent, dans une tribune au « Monde », qu’aux termes mêmes de la loi il n’y aura pas de système unique avant un futur lointain et hypothétique… autour de 2070.

Puisque le gouvernement a choisi de recourir à l’alinéa 3 de l’article 49 de la Constitution pour faire adopter sans vote le projet de loi portant sur la réforme des retraites, il est temps de dresser un portrait-robot de la réforme telle qu’elle pourrait s’appliquer si le processus législatif était conduit à son terme.
En effet, la réforme que nous pourrions bientôt voir à l’œuvre est bien différente de l’image d’Epinal d’un système simple, unique et universel. Les mesures les plus contestées (réforme paramétrique, étatisation, règle d’or) commenceraient à être mises en œuvre avant même la prochaine présidentielle.
En revanche, aux termes mêmes de la loi, il n’y aura pas de système unique avant un futur très lointain et hypothétique, autour de 2070. Autrement dit, la réforme ne met pas en place un nouveau système de retraites, mais ouvre une nouvelle ère, d’une cinquantaine d’années, faite d’incertitude et de complexité, que l’on pourrait baptiser « la transition permanente ».
Reprenons la chronologie des évolutions prévues par la loi, que l’on peut regrouper en trois phases.
Une baisse de droits de 300 euros par mois
La première phase serait une phase d’étatisation et de plans d’économies. Dès 2022, l’ensemble des caisses de retraite passent sous le contrôle de l’Etat et de la loi de financement de la Sécurité sociale. Le gouvernement et le Parlement ont alors la main sur la gestion de l’ensemble du système, et peuvent suivre, ou non, les avis et délibération des partenaires sociaux, qui ne sont « administrateurs » du système qu’en façade.
La même année, de nouvelles mesures de baisses de droits sont mises en œuvre à la suite de la conférence de financement. L’hypothèse d’un âge pivot atteignant 64 ans en 2027 tient la corde, mais ces baisses de droits pourraient prendre d’autres formes : allongement de la durée de cotisation ou report de l’âge légal. Ces mesures d’économies, applicables dès la génération 1960, représenteraient une baisse de droits permanente de 300 euros par mois en moyenne pour la génération 1965.
A partir de 2025, la « règle d’or » de l’équilibre financier entrerait en vigueur. Elle consiste à reporter tous les chocs économiques sur les assurés, et non plus à les faire absorber par la gestion du système de retraites. Ainsi, les générations nées avant 1975 ne sont pas concernées par une retraite « par points », mais elles seront les premières dont les pensions seront fortement affectées par la réforme.
La deuxième phase démarrerait en 2037 : à partir de cette année-là se mettrait en place un « âge d’équilibre » : tout départ avant cet âge donne lieu à un « malus » sur le montant de la retraite de 5 % par année manquante. Il n’y a dès lors plus de référence à la durée de cotisation. L’âge d’équilibre envisagé serait fixé à 65 ans dès 2037 pour la génération 1975, et devrait augmenter par la suite d’environ un mois par an.
Interminable transition
Cependant, à cette date et pour encore une trentaine d’années, il n’y aurait toujours pas de système unique par points. Le gouvernement a en effet fait le choix d’une transition longue, dite « à l’italienne », ce qui signifie que tout le monde serait « polypensionné » : chacun aurait, pendant trente ans, à la fois une partie de sa retraite calculée sur la base des différents régimes actuels (régime général, Agirc-Arrco, fonction publique, etc.) et une partie calculée en points.
Mais le malus lié à l’âge d’équilibre s’appliquerait bien, lui, à l’intégralité de la pension : la part « actuelle » et la part « en points ». En ce sens, et contrairement à ce qui a pu être dit, les « droits acquis » ne seront pas garantis. Des personnes ayant validé une carrière complète pourront tout de même subir un malus sur leurs « droits acquis ».
Cette interminable transition est porteuse d’une grande incertitude. D’abord, les modalités précises en demeurent obscures : elles ont été ajoutées par un amendement du gouvernement jamais débattu, et leur impact n’a pas été étudié. De plus, l’évolution des pensions de chacun dépendra de paramètres fortement manipulables par l’Etat, notamment l’évolution du point Agirc-Arrco pour le privé et l’évolution du traitement indiciaire pour le public.
La troisième phase, celle d’un système unique, n’est attendue qu’aux alentours de 2071, c’est-à-dire lorsque les personnes nées en 2004 atteindront leur âge d’équilibre, prévu vers 67 ans et 5 mois. C’est seulement à cette date que les premiers départs dans un système « unique, universel par points » auraient lieu. Autant dire jamais. Car aucune réforme n’a jamais organisé un système social un demi-siècle à l’avance, sans que celui-ci soit plusieurs fois réformé entre-temps.
Des réformes fréquentes et peu lisibles
On le voit : la mise en œuvre d’un système simple et unique, qui a alimenté une grande partie des débats concernant le projet de loi, n’aura pas lieu du vivant de la plupart d’entre nous. En lieu et place, on peut prédire sans trop s’avancer que, loin d’être « la dernière des réformes », le projet du gouvernement ouvre une longue période au cours de laquelle risquent de se succéder des réformes fréquentes, techniques et peu lisibles, visant à assurer la gestion d’une transition complexe et encore aujourd’hui mal définie.
Cela ne veut pas dire que la réforme du gouvernement n’aura pas d’impact à court terme, bien au contraire. Néanmoins, la plupart des enjeux les plus immédiats concernant notre système de retraites ne sont pas inclus dans la loi qui vient d’être adoptée sans vote : la règle d’or et la prise de contrôle des caisses par l’Etat relèvent en effet du projet de loi organique, la seconde loi du projet de réforme, qui n’a pas encore été débattue.
Les baisses de droits pour les générations nées avant 1975 et certaines modalités de la transition seraient, elles, réglées par ordonnances.
Le 49.3 n’y changera rien : la réforme des retraites est encore devant nous, et elle promet d’être longue !



Justin Benard est le pseudonyme d’un fonctionnaire d’administration centrale contraint au droit de réserve, membre du collectif Nos retraites.
Michaël Zemmour est économiste au Centre d’économie de la Sorbonne/CES-Université-Paris-I et au Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques/Liepp-Sciences Po.